L’économiste Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix en 2006, commence son livre par la critique du système capitaliste qui en dépit de ses apports est la source de plusieurs externalités négatives notamment l’amplification des inégalités sociales et économiques ainsi que le dérèglement climatique. De ce fait, pour Muhammad Yunus, il est nécessaire de repenser le modèle capitaliste afin de réconcilier les intérêts personnels et collectifs.

Le véhicule mis en avant dans le livre pour repenser le modèle capitaliste est l’entreprise sociale. L’entreprise sociale est définie comme une étant une entreprise qui fonctionne exactement comme une entreprise normale mais qui se distingue par deux caractéristiques :

  • Le but premier de l’entreprise sociale est de résoudre un problème social ou environnemental
  • Contrairement aux organisations caritatives, une entreprise sociale génère des bénéfices et vise à être financièrement autonome. S’affranchir du besoin constant de lever des fonds (comme dans le cadre des organisations philanthropiques) permet aux entreprises sociales de réinvestir leurs bénéfices pour générer un impact durable.

Ainsi, ce type d’organisation, à cheval entre le business et la philanthropie, ne vise pas à enrichir les investisseurs mais à améliorer durablement la vie des gens et à rendre le monde meilleur.

Dans le livre, Muhammad Yunus présente plusieurs exemples d’entreprises sociales opérant par exemple dans les énergies renouvelables, le recyclage, l’eau et plus généralement la capacitation économique. Il insiste par ailleurs sur trois moteurs pour permettre à l’entreprise sociale de transformer le monde : Les jeunes, la technologie et la bonne gouvernance & les droits de l’Homme.

Au-delà des concepts très intéressants évoqués dans ce livre en relation avec l’entreprise sociale, je retiens personnellement trois conclusions :

  • Quel intérêt du savoir si nous ne l’appliquons pas pour améliorer la vie des gens ? Avant de fonder Grameen Bank (littéralement la banque du village) Pr. Yunus était un professeur d’économie à l’université de Chittagong au Bengladesh. Le déclic s’est produit quand il a remis en cause l’intérêt d’enseigner à ses étudiants des théories économiques alors que des villages avoisinants souffraient d’une extrême pauvreté et n’avaient aucun accès aux services financiers
  • Les défis économiques, sociaux et environnementaux que nous affrontons sont complexes, interdépendants et transfrontaliers. Puisque l’intervention des gouvernements n’est pas et ne sera jamais suffisante, il est plus que jamais nécessaire de mobiliser l’ensemble des parties prenantes pour relever les défis y compris les sociétés civiles et les entreprises (sociales et conventionnelles)
  • Comme le dit Muhammad Yunus dans son livre, si nous imaginons un monde idéal, il y a une chance qu’une partie de cet idéal soit réalisée.  Si nous n’imaginons rien, il y a très peu de chance que les choses changent !  Aussi évident cela puisse paraitre, l’espoir est non seulement une cure psychologique mais aussi une condition sine qua non pour espérer de nous en sortir un jour

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