Il n’est pas possible de réaliser une évaluation objective du bilan des institutions financières participatives marocaines car nous ne disposons pas d’une stratégie nationale de ce secteur avec des objectifs mesurables.

Cependant, nous sommes en mesure d’apporter une première lecture du bilan à la base des réalisations commerciales des banques participatives depuis plus de 2 ans. Il est à noter qu’à ce jour, les parts de marché des banques participatives au niveau des dépôts et des financements ne dépassent pas 1% du total du marché bancaire marocain. Par ailleurs, les banques participatives, n’arrivent pas à régler la problématique du taux de couverture des financements par les dépôts non rémunérés, ce qui impacte leur compétitivité sur le marché. Finalement, pour l’instant, le positionnement des banques participatives et orienté vers les particuliers avec une concentration très importante sur le secteur immobilier.

A la lumière des expériences internationales et à la base de l’analyse des résultats des banques participatives marocaines, mes recommandations ont porté sur les points suivants :

  • Il est impératif de développer une stratégie marocaine de finance participative au Maroc et en Afrique.  Cette stratégie couvrirait l’ensemble de l’écosystème de la finance participative (banque, assurance, marché des capitaux et social) et veillerait à la coordination et la cohérence entre ces différentes composantes. Sans une stratégie pareille, le pays ne tirera pas profit du potentiel de cette industrie au niveau national e continental. Il est à rappeler que tous les pays qui ont réussi dans ce domaine disposent d’une vision stratégique de la finance participative
  • Les banques participatives devraient placer les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises, au centre de leurs intérêts et ce pour deux raisons. Premièrement, les services à l’entreprise génèrent une rémunération plus avantageuse et des encours plus importants que ceux adressés aux particuliers.   Deuxièmement, l’impact économique, social et environnemental de la finance participative ne se réalise qu’à travers le financement des entreprises
  • En continuité par rapport au point précédent, les banques participatives devraient disposer d’un positionnement leader sur la finance éthique dite également durable et responsable. En effet, depuis la crise financière de 2008, les paradigmes fondateurs du monde financier sont remis en question. Par exemple, la finance est-elle un moyen ou une fin en soi ? Quels types d’intégration la finance devrait-elle avoir avec l’économie réelle ? La finance participative dispose des fondamentaux nécessaires pour non seulement répondre à ces questions mais aussi pour être un acteur de premier plan sur ces thématiques
  • Dans un monde marqué par la quatrième révolution industrielle, le positionnement sur les Fintechs (technologies financières) n’est pas un choix mais plutôt une obligation dans un marché financier tiré désormais, notamment, par l’intelligence artificielle, le mobile, les plateformes et la blockchain. Ce positionnement est d’autant plus pertinent pour les banques participatives car elles sont plus agiles car elles sont plus jeunes
  • D’une manière transversale, le marketing reste une pièce maitresse pour la réussite des initiatives présentées ci-dessus

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